Peuple Saramaka contre Etat du Suriname :
Combat pour la forêt et les droits de l’homme
par Richard Price. Paris : IRD & Karthala, 2012
Avec une nouvelle postface sur les événements récents.
Prix du Meilleur Livre sur les droits de l'homme, American Political Science Association.
Ce livre a pour sujet un peuple, les menaces qui pèsent sur sa forêt et son combat pour tenter de protéger son mode de vie en se saisissant des instruments juridiques internationaux des droits de l’Homme. Le Suriname possède, au monde, la plus importante proportion de forêt tropicale au sein d’un territoire national, et la plus grande couverture forestière par personne. Ce livre raconte l’histoire de la bataille menée par les Saamaka pour garder le contrôle de cette partie de forêt qui est la leur.
Au musée des illusions : le rendez-vouz manqué du Quai Branly, par Sally Price. Paris : Editions Denoël, 2011
Le musée du quai Branly consacré aux civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques a été le grand projet de Jacques Chirac. Il devait favoriser le « dialogue des cultures » mais, cinq ans après son ouverture, il semble davantage relever d’un monologue occidental sur les arts primitifs. En cela, il est le révélateur du profond malaise que suscite l’altérité dans une République se prétendant aveugle à la différence. Bon nombre des questions essentielles auxquelles la France est confrontée aujourd’hui sont donc abordées ici : la place de l’immigration, les fondements de la citoyenneté, la laïcité, le vivre ensemble, l’affaiblissement des autorités politiques… À ce titre, la façade de verre du musée du quai Branly apparaît comme un fragile rempart contre les démons que la société française ne veut pas affronter.
Voyages avec Tooy : Histoire, mémoire, imaginaire des Amriques noires, par Richard Price. La Roque d'Anthéron: Vents d'ailleurs, 2010.
Guidé par Richard Price et Tooy, le lecteur plonge dans trois siècles d’histoire et dans la culture extraordinairement riche des Saramaka. Le savoir érudit de Tooy, capitaine saramaka à Cayenne, en Guyane française, est ici raconté d’une façon extrêmement vivante. Les chansons, les histoires, les remèdes, les langages secrets, ouvrent la porte à une conception du monde d’une grande spiritualité. Et comme le précise Richard Price : « L’histoire de ce peuple remarquable, illustrée par la version de Tooy, témoigne des luttes de plusieurs générations d’Africains captifs et de leurs descendants qui, malgré tous les obstacles, ont réussi à se construire une existence d’une grâce, d’une beauté et d’une sagesse rares. »
Lauréat de trois prix prestigieux, (2008 Victor Turner Prize in Ethnographic Writing, 2009 Gordon K. and Sybil Lewis Memorial Award for Caribbean Scholarship, 2009 Clifford Geertz Prize in the Anthropology of Religion), l’ouvrage apporte une pierre essentielle à la recherche sur les cultures afro-américaines et à notre compréhension du processus de créolisation.
Romare Bearden: Une dimension caribbéenne, par Sally Price et Richard Price. La Roque d'Anthéron: Vents d'ailleurs, 2006.
Les collages représentant des scènes du Sud des États-Unis, les peintures fortement influencées par le jazz, ont consacré Romare Bearden comme un peintre majeur du xxe siècle. Sa dimension caribéenne, source d’énergie de l’ensemble de son oeuvre, est paradoxalement moins connue. Cet ouvrage présente pour la première fois le grand peintre américain dans sa période créatrice la plus fertile. Analysant près de 150 tableaux et photographies, s’appuyant sur de nombreux commentaires et témoignages de Romare Bearden et d’amis comme l’écrivain Albert Murray ou le poète Derek Walcott, les auteurs explorent le parcours caribéen de l’artiste qui a partagé pendant vingt ans sa vie entre Harlem à New York et Saint-Martin dans la Caraïbe.
Les Arts des Marrons, par Sally Price et Richard Price. La Roque d'Anthéron: Vents d'ailleurs, 2005.
Cet ouvrage tant attendu présente pour la première fois l'art des Marrons. Ces descendants des esclaves, originaires de plusieurs sociétés en Afrique, se sont échappés des plantations et ont lutté contre leurs anciens maîtres pour acquérir leur indépendance dans la forêt des Guyanes au XVIIe et XVIIIe siècle.
A travers la sculpture sur bois, les arts textiles, la gravure sur calebasse et maintes autres expressions artistiques, les Marrons gardent vivant l'idée d'une esthétique panafricaine tout en accordant leurs expressions artistiques à l'évolution de leur environnement social et économique. Cet ouvrage détaille l'historie de l'art de ces sociétés uniques. Il montre le travail d'artistes particuliers et explore la très grande place que tient l'art dans la vie quotidienne.
"Un vrai mariage de l'anthropologie et de l'histoire de l'art ... sans pareil dans l'anthropologie de l'art."
–Fred Myers, Professeur d'ethnologie, New York University
Les Marrons, par Richard Price et Sally Price. Collection “Cultures en Guyane”. Châteauneuf-le-Rouge: Vents d'ailleurs, 2003.
En Guyane française, ils s'appellent Aluku, Ndyuka, Paramaka et Saramaka… Marrons, leur histoire plonge ses racines dans les luttes héroïques de leurs ancêtres qui, réduits en esclavage sur le continent américain, arrachaient leur liberté aux colons. Richard Price et Sally Price, spécialistes des sociétés marronnes, nous brossent un portrait de ces peuples et nous servent de guides passionnés pour la découverte de leur histoire, de leurs us et coutumes, de leurs cultures et de leurs arts. Rédigé dans un langage clair et précis, cet ouvrage est illustré de nombreuses photographies et de documents rares. Une quinzaine de folios d'art à la fin de l'ouvrage nous font percevoir la richesse de la création artistique des Marrons.
Le Bagnard et le colonel, par Richard Price. Paris: Presses Universitaires de France, 2000.
Né en Martinique à une époque où l'esclavage est toujours présent dans la mémoire, un homme « fou » et illettré façonne en bois l'effigie d'un colonel, propriétaire de l'usine locale. L'émeute de 1925 dans laquelle des pêcheurs brandissent ce buste en signe de résistance contre la fraude électorale gerée par le régime colonial se solde par un massacre. Bilan : dix morts et quatorze blessés. L'auteur de l'effigie, Médard Aribot, est condamné à perpétuité et envoyé au bagne – en punition, disent les gens, pour son insolence. Aujourd'hui, la vie de cet artiste-bagnard est célébrée sur cartes postales, guides touristiques, pièces de théâtre et costumes de Carnaval, et rares sont les visiteurs à l'île qui ne prennent pas de photos de la petite maison tarabiscotée qu'il a construite au bord de la mer, dans la baie du Diamant.
Arts primitifs, regards civilisés, par Sally Price. Paris: Ecole nationale supérieure de Beaux-Arts. Orig. 1995, 2e édition 2006. La version "poche" de 2012 (9 euros) comprend les préfaces de Maurice Godelier et Federico Zeri et la postface de 2006, Collection "D'art en questions".
Qu'est-ce que l'art primitif ? Est-il vraiment «primitif» ? Est-il vraiment de «l'art» ? Peut-on parler d'histoire de l'art à son sujet ? Quel rôle devrait-il jouer dans les musées, galeries d'art et foyers occidentaux ? Sally Price soulève des questions troublantes sur la relation entre observateurs «civilisés» et objets d'art «primitif». Elle reconsidère des notions telles que l'anonymat des artistes primitifs, l'universalité des canons esthétiques, la position priviligiée des civilisations de l'écrit, et l'enjeu pour la Science de préserver la Culture. Elle en vient à examiner l'impact de l'idéologie, de la politique, du rôle de la différence des sexes et autres facteurs socio-culturels sur nos conceptions divergentes de l'art et de l'histoire de l'art dans le monde «primitif» et dans le monde «civilisé ».
Les Premiers Temps: la vision historique d'un peuple afro-américain, par Richard Price. Paris, Editions du Seuil, 1994.
Les Saramaka – environ cinquante mille personnes – vivent dans la forêt de la République du Suriname, située au nord-est du continent sud-américain. Leurs ancêtres africains furent vendus en esclavage à la fin du XVIIe siècle pour travailler dans les plantations de canne à sucre, de café et les exploitations forestières. Ils s'en échappèrent rapidement pour rejoindre, individuellement, en petits groupes et parfois lors de grandes rébellions collectives, la forêt tropicale où ils livrèrent une guerre de libération de près d'un siècle. C'est à la mémoire de ce temps-là, transmise oralement, de manière complèxe et précaire, à travers des lignées d'historiens indigènes, qu'est consacré ce livre, qui montre de façon décisive que la conscience
historique n'est pas réservée aux sociétés qui disposent de l'écriture.